Le Chien de l'enfer - naissance d'un roman
Quand les apparences masquent les flammes de l'enfer...
Une atmosphère noire, un style percutant pour une mise en scène sans détours de la différence et des conséquences qui en découlent.
Un jour, moi dont la plume trempait dans une encre plutôt rose, j'ai eu envie de montrer une autre facette de mon écriture, le côté sombre que nous possédons tous. Qui n'a pas son Cerbère, gardien de son propre enfer ?
Quand j'ai écrit ce roman, je voulais créer une passerelle entre les générations. Qu'on n'en reste pas aux réflexions primaires entre vieux cons et jeunes cons. Si l'on ouvrait un compte commun, qu'y mettrait-on dedans ?
Une petite ville, une famille honorable, des parents aisés, une mère pieuse et dévouée à ses bonnes œuvres, un père plus compétent dans ses affaires que dans son rôle d'éducateur.
Et au milieu, sur les cases noires de l'échiquier, la fille qui jouait la partie des apparences.
Anaïs Dancourt, alias Miss Zapping, est la parfaite représentation de la séductrice prise à son propre piège. Une belle fille, un corps zébré de cicatrices, les apparences pour seules armes de séduction... ça m'intéressait vraiment de la regarder se dépatouiller dans cet enfer...
C'est en fait l'histoire d'une fille qui tombe nez à nez avec son destin sous la forme d'une lame dans une ruelle sombre. Miss Zapping possède ce genre de listes qui rallongent à mesure qu'on raye les noms. Sauf que celui qui a zébré le corps de Miss Zapping de douze coups de couteau a mis en péril la fameuse liste d'attente. C'était l'effet recherché par l'agresseur, et les deux principaux suspects s’allient pour découvrir son identité.
Mais ce roman est avant tout une mise en scène de la différence sous plusieurs formes, à travers le jeu des apparences.
Plaidoyer pour un langage décrié
Si tu t'arrêtes au langage, c'est que tu t'arrêtes aux apparences, et c'est justement ce dont traite l'histoire
Je me suis adressée aux jeunes, dans leur langage, parce que souvent la crudité des mots, quand il n’y a pas passage à l’acte, est la seule façon d’exprimer une souffrance. J’ai mis en scène la différence, une blessure profonde, le manque de
communication, ses effets et ses conséquences dans le milieu familial, amical, social. Des comportements qui, s’ils ne sont pas excusables, reflètent le jeu des apparences et cachent des origines bien plus choquantes que le langage cru dans lequel elles sont rapportées.
Ce roman n’est pas un polar, même si les deux principaux suspects s’allient pour découvrir le coupable. Le langage employé n’est ni grossier ni vulgaire : il est cru. Cru comme une scène d’agression, cru comme la haine qu’inspire le silence, l’impossibilité d’avouer à ses parents, ses amis qu’on a été touché dans sa chair et jusque dans son âme par la violence d’une infamie que l’on a bien cherché, après tout. Parce que tout le monde le sait, une fille trop belle est forcément une salope. N’est-ce pas ?